SOPK en général

Le syndrome des ovaires polykystiques a été décrit pour la première fois en 1935 par les Drs. Stein et Leventhal. Le SOPK est très fréquent et touche entre 6 à 10 % des femmes en âge d’avoir des enfants, soit de la puberté à environ 45 ans. Compte tenu de son large éventail, le SOPK a attiré l’intérêt des passionnés de la science y compris les médecins voulant améliorer la qualité de vie de leurs patientes.

En quoi consiste-t-il ?

Les SOPK a été décrit comme étant un trouble endocrinien (hormonal) et métabolique associé à un grand nombre de symptômes. On peut parler d’irrégularités menstruelles ou d’aménorrhée (absence complète de règles), de la pilosité excessive sur le visage/poitrine (pas dans tous les cas mais consiste en un excès de poils), de l’acné, gain de poids (en général), diabète, hypertension artérielle, des fois chute de cheveux ainsi que des difficultés à devenir enceinte et mener une grossesse à terme.

Cela ne veut pas forcément dire que toutes les patientes SOPK sont hypertendues ou diabétiques mais il peut y avoir une augmentation du risque du diabète, d’hypertension artérielle, de cholestérol élevé et même un syndrome d’apnée du sommeil (arrêt de la respiration bref pendant le sommeil de la nuit). Notez que la combinaison des signes cités ci-haut se fait d’une manière différente chez chaque femme atteinte du syndrome.
Pour vous donner un exemple, on peut donc avoir une patiente avec un aspect d’ovaires polykystiques à l’échographie mais ne présentant pas de signes cliniques pertinents. L’inverse peut également être vrai. Cependant, je vous suggère de consulter un spécialiste dès que vous soupçonnez avoir le syndrome ou que vous remarquez que votre poids augmente et que vous commencez, en même temps, à avoir un des symptômes décrits ci-haut.

On ne connait pas les causes exactes du SOPK mais il semblerait y avoir une corrélation entre la présence d’une résistance à l’insuline (et donc un diabète de type 2) et un déséquilibre des hormones féminines (œstrogènes) et masculines (testostérone). Ce déséquilibre accompagne souvent le développement d’une obésité ou d’un surplus de poids.

Le diagnostique du SOPK se fait sur des critères établis à Rotterdam et qui sont les suivants :

-          Augmentation des hormones mâles (observations cliniques ou biochimiques)
-          Absence de menstruations (aménorrhée) ou irrégularité menstruelle
-          Présence d’ovaires polykystiques à l’échographie

Les critères de Rotterdam suggèrent la présence d’au moins deux des situations citées ci haut.

Une aménorrhée consiste en une absence de règles. Il existe deux types d’aménorrhées, primaire et secondaire. L’aménorrhée primaire se manifeste surtout chez les jeunes adolescentes. Soit qu’elles n’ont pas de règles et ne présentent pas de caractères de développement sexuels (poitrine, pilosité, répartition du tissu gras au niveau des hanches).

Si on vous parle d’une aménorrhée secondaire, selon les spécialistes dans le domaine, cela se présente comme étant une absence complète de règles sur une période allant plus que 3 mois, même si la femme avait des menstruations normales auparavant.   

L’autre critère de Rotterdam est l’augmentation des androgènes. Ce sont des hormones masculines présentent normalement chez les hommes et les femmes à des proportions variées. Toutes les femmes en produisent, ce qui les aide à maintenir une fonction ovarienne normale, le métabolisme osseux, la cognition ainsi que le comportement sexuel. Chez l’homme, ils contrôlent la production des spermatozoïdes, la libido ainsi que la puissance virile. À la puberté, ils sont responsables du développement normal, de la maturation et du développement des caractères sexuels secondaires (exemple : barbe, voix masculine). Le type de comportement de l’homme, son humeur et ses performances sont également influencés par les androgènes. Chez la femme, les androgènes produits servent essentiellement d’étape chimique intermédiaire à la production d’œstrogènes. Si la femme produit trop d’androgènes, cela peut apporter des symptômes tels que l’acné ou l’hirsutisme (augmentation de la pilosité).

Comment se produit le SOPK ?

Chez les femmes atteintes du SOPK, les ovaires ne fonctionnent pas normalement. Environ une fois par mois, les ovaires sont supposés former une structure appelée follicule. Ce dernier grossi et produit des hormones, ensuite un œuf que l’on appellera ovule. Ce phénomène de libération d’ovule s’appelle ovulation.

Dans le cas du SOPK, les ovaires forment plusieurs petits follicules au lieu d’un seul mature. Les niveaux hormonaux vont êtres en déséquilibre ce qui a pour conséquence une absence d’ovulation.

Dans le cas de menstruations irrégulières, il peut y avoir des changements structuraux au niveau de l’endomètre de la femme SOPK. Ces changements peuvent augmenter le risque d’hyperplasie endométriale (augmentation exagérée du volume de l’endomètre) ou même parfois, un cancer de l’endomètre. Notez que l’endomètre a pour rôle d’accueillir l’ovule en attendant qu’il y ait fécondation, dans le cas contraire, il va y avoir des menstruations. Les changements structuraux au niveau de l’endomètre sont régis par les variations hormonales avant et après l’ovulation. Cette variation hormonale est à l’origine d’une absence d’ovulation et donc absence de changements structuraux de l’endomètre qui doit revenir à la normale. Les femmes atteintes du SOPK ont en général moins que 8 menstruations par année. Certaines avaient un cycle normal à la puberté mais ce cycle est devenu irrégulier suite au développement de la masse graisseuse !

Le SOPK est associé à un gain de poids progressif chez environs 50% des femmes atteintes. Pour certaines d’entre elles, le surplus de poids peut se manifester durant la puberté. Il peut aussi y avoir des taux d’insulines anormaux. Cette hormone est produite par des cellules spécialisées au niveau du pancréas et a pour rôle de réguler les niveaux de sucre (glucose) dans le sang, et ce, suite à un repas dans le but d’utilisation de ce sucre pour produire de l’énergie nécessaire pour le bon déroulement des organes :

·      Si les niveaux du glucose ne répondent pas à des taux normaux d’insuline, le pancréas doit en produire d’avantage. C’est ce qu’on appelle hyperinsulinémie
·       Quand l’action de son insuline est réduite, le pancréas doit produire plus d’insuline que la normale pour pourvoir maintenir un taux de glucose donné. Dans ce cas, la personne est qualifiée de résistante à l’insuline
·       Si les niveaux du glucose continuent à augmenter sans que l’insuline ne puisse agir pour les maintenir dans les valeurs normales, on peut dire que la personne est intolérante au glucose ou, par la suite, diabétique de type 2

La résistance à l’insuline ainsi que l’hyperinsulinémie peuvent être présentes chez les femmes SOPK minces ou obèses. Parmi les femmes SOPK, plus de 35% des femmes obèses développent une résistance à l’insuline, une intolérance au glucose et ultimement, plus de 10% développent un diabète de type 2. 

Je vais développer plus sur ces sujets dans les sections correspondantes. Cependant, si vous avez des questions qui vous tracassent, n’hésitez surtout pas à me contacter.

http://www.crc.chus.qc.ca/recherche-clinique/participez-a-une-etude-clinique/etudes-cliniques-en-cours/

foued.naimi@usherbrooke.ca


3 commentaires:

  1. Wow !!!! Merci beaucoup pour ces informations !!! Bravo et bonne continuation dans tes études Foued!

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  2. C'est trés bien expliqué, merci pour toutes ses informations.

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  3. Merci à vous ! je serai toujours disponible pour répondre à vos questions.

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